*Sept ans après sa parution pour les anglophones « Les Seigneurs Du Chaos » sort enfin en français. Il était temps car de nombreux fans de black metal avaient déjà lu cette version anglaise. Cependant, ont été rajouté à cette version des interviews plus récentes, de nouvelles informations comme par exemple les évènements morbides qu'a connu la Finlande en 1999, et de nouvelles illustrations. Si vous l'aviez entièrement compris en anglais vous pouvez néanmoins vous passer de toutes ces nouveautés. Pour un fan de black le livre peut paraître dispensable mais au final il ne l'est pas tant que ça car il permet de prendre du recul, de mieux comprendre ce style, et de ne pas vénérer des personnes qui n'ont pas lieu de l'être. Vous saurez bientôt pourquoi. Par contre, vers une personne non initiée « Les Seigneurs Du Chaos » peut s'avérer dangereux mais utile aussi. Je vous expliquerais pourquoi également.
La première partie de ce bouquin concerne les précurseurs du black (Venom et Bathory entre d'autres) et comment ce style s'est crée en Norvège sous la houlette de Euronymous (Mayhem) et de Varg Vikernes (Burzum), ainsi que tous les délits et crimes (incendies d'églises, meurtres divers) de ces protagonistes. Pour la plupart d'entre nous, tout ceci n'est que du réchauffé, mais ce qui est intéressant ce sont surtout toutes les interview (de Faust, Metalion, Hellhammer, Samoth...) et les photos comme celle de Dead après son suicide par exemple. Ce qui suit est une sorte de description de la personnalité de Vikernes sous formes (encore) d'interviews (et de sa mère aussi d'ailleurs) et qui passe, osons le dire, pour quelqu'un de peu intéressant. Par contre, je tiens à préciser que je respecte beaucoup la musique que fait Grischnack avec Burzum. En fait, il montre une certaine versatilité dans ses propos. Par exemple, il donnera plusieurs versions des faits concernant le crime de Euronymous et les incendies d'églises. Bref, ce n'est pas pour rien que le Comte a déconseillé à ses fans d'acheter ce livre.
Après cette description durant laquelle on trouvera de nombreuses références à la mythologie nordique, donc au paganisme les auteurs feront alors un petit topo concernant ces références païennes dans le black metal, en parlant notamment de Enslaved. En effet, cette musique se veut sataniste, mais on se rend vite compte qu'il s'agit en fait d'un moyen de lutter contre le christianisme afin de faire renaître le religion païenne. Bon nombre de musiciens de la scène, au départ satanistes, se reconvertiront rapidement au paganisme, Vikernes le premier. On s'éloigne alors du satanisme selon Lavey qui avait inspiré Venom ou encore Coven. Malgré ce paganisme, l'idéologie sataniste subsiste et les auteurs le montrent bien par le biais de Insahn (Emperor), de personnes norvégiennes, et Anton Lavey. Le lecteur pourra alors se rendre compte que le satanisme n'est pas forcément synonyme d'incendie d'église et que ceci n'est qu'un sale préjugé.
La suite de l'ouvrage peut, par contre, s'avérer dangereuse pour une personne non initiée et qui est persuadée que le black metal est un milieu de cinglés. Il faudra lire entre les lignes car ce qui s'enchaîne après les interviews de Insahn et consorts n'est que délits et meurtres liés au satanisme, que ce soit en France, en Suède, en Finlande ou encore aux Etats-Unis. Le lecteur devra alors faire preuve de discernement, et se dire qu'un black metalleux n'est pas forcément un criminel ou un futur meurtrier. A ce moment là « Les Seigneurs Du Chaos » peut soit être néfaste, soit utile, cela dépendra en fait du lecteur, s'il veut vraiment comprendre ou s'il lira en ne voulant pas démordre de ses préjugés.
Enfin, les auteurs concluront cet ouvrage en traitant des rapports étroits du black avec le milieu de l'extrême droite.
Ce bouquin est donc intéressant mais même si on peut comprendre en lisant entre les lignes ou grâce à des interviews comme celle de Insahn qu'il ne faut pas rester sur des clichés, Michael Moynihan et Didrik Soderlind auraient tout de même pu réserver quelques lignes à la fin de leur oeuvre pour expliquer cela, pour finir le tout sur une note un peu plus positive. C'est le seul reproche que je ferais mais nous savons tous que le black metal n'est pas une musique qui adoucit les m½urs.*